Distribution
Auteur : Félix Mitterer
traduction : Henri Christophe
Mise En Scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Lumières : Philippe Grosperrin
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie Générale : Alain Mueller
Avec :
Vanessa Mattioli
Anne Césard
Carolle Gaillac
Philippe Béranger
Présentation
"Pourquoi, se demande Félix Mitterer, l'homme a-t-il fait l'enfant?
Et voici le premier "péché" (Orgueil), la première crise, les premières affres et déjà la plupart des leitmotiv de la pièce : couteau, alcool, séparation, trahison, mort violente… L'homme voulait un clone qui réussisse là où lui a échoué. Ce monstre d'orgueil, comme tous les monstres, paraît bien l'agrégat de toutes nos monstruosités minuscules (insignifiantes?). Ombre projetée de toute paternité, il hurle à la table familiale ce que nous ne nous chuchoterons qu'à grand-peine :
le fantasme du père incarné dans sa progéniture, l'enfant instrumentalisé en double vengeur, l'éducation rêvée comme un élevage de clones…
Le thème est ici, comme pour les six autres "péchés", abordé frontalement, sans précautions narratives : une situation (ou plutôt une circonstance), un embrayeur (foirade, lapsus, ivresse, grain de sable…) e la nave va, jusqu'à l'inévitable naufrage, la chute finale – mortellement répétitive. Tout se passe comme si hommes, femmes et enfants n'attendaient que la première occasion de cracher le morceau. Ainsi, lors du repas de Noël, d'Avarice, auquel ont été conviés deux "pauvres réfugiés", l'homme n'a manifestement de cesse qu'il n'ait craché sa haine des étrangers, vomissant du même coup la haine de sa propre existence, et de sa fille toxicomane, incarnation de sa déchéance."
Enzo Cormann
Félix Mitterer au sujet de Péchés mortels
"...Je veux éviter à tout prix l’index moralisateur qui désigne toujours tout le monde sauf soi-même, l’auteur disant aux autres comment ils doivent se comporter. J’ai à l’évidence ces péchés en moi, comme tout le monde, il s’agit d’une recherche qui commence par moi-même. Il fallait donc que je parte de notre époque et que je m’examine pour voir ce par quoi il était possible d’intéresser le public une nouvelle fois en parlant du péché. Car le péché en soi n’a strictement aucun intérêt... Le péché en tant qu’acte contre soi-même ou son semblable, ça n’existe plus qu’au sein de l’Eglise qui s’efforce elle aussi d’être moderne et de ne plus utiliser ce type de terminologiearchaïque....Ce genre de monstruosités, il y en a eu et il y en a toujours, c’est l’homme qui est cynique, pas moi qui décris ces choses… Il n’existe pas d’être mauvais, seulement des êtres malheureux."
Felix Mitterer, préface à Kein schöner Land (Le plus beau pays)