Spectacles

Les créations au répertoire

Résidence Conduite Intérieure

L'adoptée

Création 2016
Texte de Joël Jouanneau
Mise en scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Agnès Buissan, Elsa Peruchetti, Philippe Béranger
et Éloïse pour la création à Milhaud

Devant nous un rideau rouge, une jeune nous dit qu’aujourd’hui c’est lundi, et qu’aujourd’hui justement, derrière le rideau qu’elle tire, on peut voir sa voisine, une femme, pauvre, très pauvre qui vit là toute seule sans enfants. Elle aurait bien voulu en avoir mais elle n’en a pas. Et ce lundi justement, soudain, un gamin surgit devant la maison. Un gamin qui ne dit rien.
"Je vous dis que c’est un manouche, un gitan, un voleur, un orphelin qui vient de Romanie, à tous les coups, tu lui donnes un œuf il te vole la poule. Alors bon débarras."
Et elle le chasse à grands coups de fouet. Le gamin disparaît... Et revient aussitôt. Voilà. Ca va durer un bon bout de temps. Une semaine exactement. Les jours vont passer. Et elle va lentement se faire adopter par ce gamin qui ne dit rien, jamais. Mais brusquement, samedi, un homme...

"Cette pièce, je la dois au petit village de mon enfance, village du centre de la France où il ne se passait jamais rien, ou à peu près, et pour les habitants cet à peu près-là était encore de trop, tant était grande la peur de l’étranger, surtout s’il lui prenait, à cet étranger, l’idée saugrenue de venir frapper à votre porte pour vous proposer le rempaillage d’une chaise ou la vente d’un panier d’osier. Et s’ils n’étaient, ouf, que de passage, ces bohémiens étaient inévitablement accusés de voler, non seulement les poules, mais les enfants. Et bien sûr il nous était interdit de les approcher."
Joël Jouanneau

Au bon endroit au bon moment
Histoire sans paroles

Création 2015

Mise en scène Christian Chessa
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Agnès Buissan, Elsa Peruchetti, Philippe Béranger

  • 1/1 Au bon endroit au bon moment

Un homme et deux femmes, chacun chez soi, se préparent quelques jours avant d'aller à la fête. Mais laquelle exactement ?
En quelques dix scènes courtes, sans paroles, sur des chansons, des musiques et des textes, ils choisissent tous les trois de ne plus céder au pessimisme quotidien et de faire de chaque instant une vraie raison d'être heureux.
Mais de quelle fête s'agit-il ?

Frisette

D'Eugène Labiche
Création 2015


Mise en scène Christian Chessa
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Agnès Buissan, Elsa Peruchetti, Philippe Béranger

  • 1/10 Frisette
  • 2/10 Frisette
  • 3/10 Frisette
  • 4/10 Frisette
  • 5/10 Frisette
  • 6/10 Frisette
  • 7/10 Frisette
  • 8/10 Frisette
  • 9/10 Frisette
  • 10/10 Frisette

C'est une jeune femme indépendante et libre qui a loué une chambre il y a à peine deux ou trois jours.
Prise dans une histoire d'amour que vit une de ses amies, elle assume soudain, à la mort de celle-ci, l'adoption de son nouveau né.
Mais survivre est difficile aujourd'hui et les rapaces guettent leurs proies.
Une comédie d'Eugène Labiche avec des chansons d'hier et d'aujourd'hui.

Les créations récentes

L'enfant de Psalmodi

De Christian Chessa
Création 2015


Texte et mise en scène Christian Chessa
Scénographie - Costumes François Tomsu
Lumière Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Agnès Buissan, Noëlle Di Santo, Annie Grizoux, Thérèse Mestre,
Philippe Béranger, Rudy Thérond, Olivier Urbe

  • 1/3 L'enfant de Psalmodi
  • 2/3 L'enfant de Psalmodi
  • 3/3 L'enfant de Psalmodi

Plusieurs personnes se retrouvent dans une pièce. Il y a du soleil partout. Les murs sont couverts de feuilles écrites, de photos découpées, de cartes topographiques, de drapeaux punaisés, de larges inscriptions soulignées au feutre rouge. Une jeune femme, une archéologue, entame l’introduction d’une réunion d’état major. Devant elle, autour d’une grande table lumineuse, une gitane gardiane, une propriétaire d’un domaine, la femme d’un pêcheur, un manadier, un gardian-gitan. Ils préparent la fouille d’une berge du canal, où au milieu de cadavres de ragondins empoisonnés, les vêtements d’une enfant ont été retrouvés. Tous sont là parce qu’ils occupent à un moment ou un autre le radeau en question, en face des vestiges de l’abbaye de Psalmodi. La réunion est houleuse et finit mal. Les intérêts personnels ont pris le dessus. Arrêt brutal.

Clan pêcheur

De Christian Chessa
Création 2014


Texte et mise en scène Christian Chessa
Scénographie - Costumes François Tomsu
Lumières Philippe Grosperrin
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Agnès Buissan, Elsa Peruchetti, Clarice Boyriven
Vanessa Mattioli, Nathan Croquet, Philippe Béranger

  • 1/6 Clan pêcheur
  • 2/6 Clan pêcheur
  • 3/6 Clan pêcheur
  • 4/6 Clan pêcheur
  • 5/6 Clan pêcheur
  • 6/6 Clan pêcheur

Il y a en Nouvelle-Calédonie, au sud de la grande terre, l’île des pins, dont le nom dans sa langue est KUNIE. Comme une bonne partie des îles d’Océanie, cette île est habitée par les mélanésiens. Sur cette île, les tribus vivent en se partageant un rôle très précis dans la tradition des coutumes de leur peuple.
C’est ici l’histoire plus particulière du « Clan pêcheur », qu’un homme blanc raconte : « A l’occasion d’une cérémonie dans l’île, il rencontre une fille appartenant au clan pêcheur. Tous deux, attirés malgré eux l’un vers l’autre par des forces hors du commun, ils vont se risquer à s’aimer. Une union qui va déclencher la colère, l’incompréhension, la révolte, la bêtise, la violence et la guerre. »
Une aventure pleine d’obstacles et d’épreuves, que tous deux vont vivre avec une passion et une folie qui les sublimeront, et les propulseront dans le cosmos, tels deux étoiles en fusion, inexorablement liées pour toute une éternité.

Pacamambo

De Wajdi Mouawad
Création 2014


Mise en scène Christian Chessa
Scénographie - Costumes François Tomsu
Lumières Philippe Grosperrin
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Agnès Buissan, Clarice Boyriven, Vanessa Mattioli, Nathan Croquet, Philippe Béranger

  • 1/9 Pacamambo
  • 2/9 Pacamambo
  • 3/9 Pacamambo
  • 4/9 Pacamambo
  • 5/9 Pacamambo
  • 6/9 Pacamambo
  • 7/9 Pacamambo
  • 8/9 Pacamambo
  • 9/9 Pacamambo

Cet auteur aujourd’hui bien connu dans le monde du théâtre raconte une histoire réjouissante sur la vie. L’enfance découvre qu’il y a un univers, un paysage, une autre « vie » où se retrouvent les gens qui s’aiment. Après leur passage sur cette terre. Découvrir où l’on s’en va bien après que le « dernier souffle » a été soufflé. Un pays où l’esprit, l’âme, le coeur, le souvenir et l’amour continuent de vibrer entre tous les êtres humains. Inspiré par un fait réel, Wajdi Mouawad se laisse emporter par ses lointaines origines et redonne à l’enfance la combativité, la luminosité, l’intelligence et la lucidité sur les relations que nous avons avec notre propre existence.

Au-delà de « l’invisible » que l’auteur met à disposition de notre imaginaire et de notre conception de la vie, la mise en représentation vient proposer un espace « parallèle » (une vie parallèle) par le découpage des lieux réels dans lesquels l’histoire se déroule – deux : la chambre puis la cave - en un seul volume où les éléments nomment et codifient les personnages et allégories : une échelle, une natte, trois tiroirs sans commode et armoire, une porte sans cadre, un sol lumineux ou opaque selon la lumière, et un ciel concrétisé dans un cyclorama qui plafonne et frise le haut du plateau. Destiné à tourner dans des théâtres à l’italienne aussi bien que dans des lieux improbables (garages, remises, appartements, etc.), le spectacle peut se voir autour d’une cage de lumière dans laquelle les acteurs entrent et sortent comme des apparitions.

La distribution se fait autour de cinq acteurs qui redécoupent le texte comme une proposition de multiplier « Julie », « Marie-Marie », « le chien : Le Gros », et le ou la « Psychiatre ».

Le petit nuage de Magellan

De Christian Chessa
Création 2013

Mise en scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu
Lumières Philippe Grosperrin
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Elsa Peruchetti, Philippe Béranger

  • 1/7 Le petit nuage de Magellan
  • 2/7 Le petit nuage de Magellan
  • 3/7 Le petit nuage de Magellan
  • 4/7 Le petit nuage de Magellan
  • 5/7 Le petit nuage de Magellan
  • 6/7 Le petit nuage de Magellan
  • 7/7 Le petit nuage de Magellan

Trois comédiens de cabaret entrent dans un théâtre où ils doivent répéter et travailler pendant huit jours. La scène de l’établissement a été démontée après la découverte d’un tombeau où gisait la dépouille d’un ou une inconnue.
Les numéros de cabaret se succèdent devant les travaux des archéologues et petit à petit la vie du personnage fait surface.
Les liens entre le théâtre et la réalité, entre l’univers et le microcosme, entre les femmes et les hommes apparaissent comme autant de questions posées sur notre identité.
Un cabaret manifeste où la foi et la passion se heurtent au carriérisme et au profit.

Le septième kafana

De Dumitru Crudu / Nicoleta Esinencu / Mihai Fusu
Traduction de Danny Rossel (Editions l’Espace d’un Instant - Maison d’Europe et d’Orient)
Création 2012

Mise en scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Elsa Peruchetti, Ivan Gouillon

  • 1/3 Le septième kafana
  • 2/3 Le septième kafana
  • 3/3 Le septième kafana

L’histoire : Elles voulaient sortir de la misère…
« Elles voulaient sortir de la misère et désespéraient d’attendre des jours meilleurs en Moldavie. Certaines poussées par leur famille, d’autres pour soigner un enfant malade… toutes ont cru au travail et à la promesse de revenus décents en Roumanie ou en Europe occidentale.
Elles ne savaient pas qu’elles seraient vendues.
Le septième Kafana » est une tragédie contemporaine, construite à partir de témoignages et de récits recueillis auprès de femmes moldaves victimes de ces trafics d’êtres humains.
Six femmes jetées aux loups.
Six femmes qui se racontent entre elles, inlassablement, les tortures et les infamies qu’elles ont subies.
Elles ne répondent jamais à la question incantatoire du médecin « tu restes ici ou tu repars ».
Le retour au pays est une autre souffrance comparable au retour des prisonniers des camps. Angoisse d’affronter l’incompréhension et le regard de l’autre. » Chantal Lamarre

Note de mise en scène : Est-ce nous qui avons fait ça ?
Il y a dans le récit du témoignage, la racine intouchable de la réalité, cette ombre menaçante qui plane sur le théâtre. Elle obligerait presque le metteur en scène à se plier aux règles du documentaire, si le récit n’était habilement détourné par des interventions inopinées de personnages clé : un procureur, un reporter, un ambassadeur.
La fiction nait du frottement de cette confrontation.
A l’entrée des spectateurs, une boite noire dans laquelle flotte le rêve d’une capitale quelque part dans le monde, où les lumières brillent et éclairent le sourire des habitants qui se livrent aux distractions les plus modernes, les plus incroyables.
C’est au cœur de ces feux de joie, que les visages et les paroles de ce texte, émergent et restent quelques temps à la surface du malaise que le rêve impossible a laissé dans notre rétine, image indécollable.

Lola le monde

De Christian Chessa
Création 2011

Mise en scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Elsa Peruchetti

  • 1/8 Lola le monde
  • 2/8 Lola le monde
  • 3/8 Lola le monde
  • 4/8 Lola le monde
  • 5/8 Lola le monde
  • 6/8 Lola le monde
  • 7/8 Lola le monde
  • 8/8 Lola le monde

La distance qui sépare deux personnes dans un espace privé (en famille dans le foyer familial) et dans un espace public varie selon la culture d’origine de ces personnes. Une seule violation de ces règles qui gèrent l’espace individuel peut mettre le feu à toute une communauté.
Pour échapper à ces risques, insurmontables mais quotidiens et entretenus, une fille d’un quartier écrit des chansons et rêve que les chanter rassemble tous les habitants, ou du moins puisse sauver ses proches. D’origine espagnole, timide et réservée, émotive et hypersensible, elle ne parle qu’à une voisine qui, elle-même en transit dans le quartier, s’oblige à une vie sociale exagérée, et se trouve impliquée malgré elle dans des histoires louches, qui l’entraînent dans l’excès et la démesure.
L’une descend dans un vertige. Un cauchemar.
L’autre monte, ondule dans la chaleur. Un mirage.
Leur point commun, le palier de l’étage où elles viennent fumer.
Elles se retrouvent reliées l’une à l’autre malgré elles, un soir de...
Une mise en scène comme une performance plastique et sonore dans une cage de lumière.

Alice, pour le moment

De Sylvain Levey
Création 2010

Mise en scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Elsa Peruchetti, Julie Charquet, Philippe Béranger

  • 1/9 Alice, pour le moment
  • 2/9 Alice, pour le moment
  • 3/9 Alice, pour le moment
  • 4/9 Alice, pour le moment
  • 5/9 Alice, pour le moment
  • 6/9 Alice, pour le moment
  • 7/9 Alice, pour le moment
  • 8/9 Alice, pour le moment
  • 9/9 Alice, pour le moment

Pas facile d’être une jeune fille de 13 ans sous les regards moqueurs des garçons, dans le gris d’une ville. Pas facile d’assumer les départs en catastrophe pour que le père attrape un nouveau boulot. Surtout quand cet exil vous agite depuis la naissance : Alice est fille de réfugié politique. Mais pourquoi ne pas faire fi des tracas en pêchant les petits bonheurs là où ils sont, dans une amitié fugace ou un amour naissant ? Un regard incisif, tendre, lucide et plein d’espoir sur la vie de cette adolescente.
A travers des voix, des monologues intérieurs, du théâtre qui se fait parfois récit, l’auteur offre une palette d’émotions tout en justesse.

Les spectacles archivés

Train de nuit

De Nilo Cruz
Création 2011

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Elsa Peruchetti, Julie Charquet, Cyril Amiot, Philippe Béranger

Spectacle Train de nuit

Ce spectacle raconte une histoire d’amour entre deux enfants de dix ans. C'est un conte moderne qui traite avec naïveté et cruauté des sujets rarement abordés dans le théâtre pour enfants : la sexualité et la mort.
Mateo et Clara s'aiment. Mateo répare son cerf-volant, Clara lui fait essayer ses robes. Mais leurs parents les battent comme plâtre, et ils n'ont rien à manger. Le cimetière est alors le seul endroit où ils échappent provisoirement à leurs familles. Les morts les protègent des vivants. Ensuite naît dans leur esprit un projet d'évasion, qui les mènera à la liberté, mais aussi à la séparation.
Nilo Cruz naît à Cuba en 1961. Sa famille émigre à Miami en 1970. Il devient citoyen américain. D'abord acteur et metteur en scène, il se tourne progressivement vers l'écriture et est le premier latino-américain à obtenir, avec sa pièce Anna sous les Tropiques, le prix Pulitzer pour le théâtre en 2003. La pièce est créée un an plus tard à Broadway. Il a aussi traduit en anglais Garda Lorca (La Maison de Bernarda Alba et Dona Rosita), dont on entend dans Train de nuit pour Bolina des échos de musique hypnotique.

L'hirondelle

D’après une pièce de Henning Mankell
Création 2010

Mise en Scène Vanessa Mattioli

Spectacle L'hirondelle

Avec
Wissal, Aïcha, Asma,
Anlafa, Meyriem,
Wassila, Rizlaine, Dlawab


Spectacle interprété par un groupe de 8 jeunes acteurs de 8 à 12 ans, tous issus du Quartier du Chemin Bas d’Avignon, de l’Ecole Georges Bruguier ou du collège Romain Rolland.


Il est construit à partir de l’ouvrage de Henning Mankell “L’assassin sans scrupules”.

Nina c'est autre chose

De Michel Vinaver
Création 2010

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Anne Césard, Philippe Béranger, Ricardo Martinez

Spectacle Nina c'est autre chose

Leur mère est morte et ils habitent ensemble, deux frères, quarante ans passés, célibataires, une vie réglée. Sébastien, qui travaille dans une usine, est passionné par la comparaison entre les différentes nationalités, Charles, ouvrier coiffeur est moins profond, ils s'entendent bien, ça pourrait continuer comme ça. Mais Charles introduit de force Nina, sa petite Amie, dans leur vie commune. Celle-ci se met à craquer, mais sans se défaire. Au contraire la vie ne cesse, à partir de là, de se faire, puisqu'il y a maintenant les contradictions, les tensions, un incessant éclatement.

Après s'être essayé au roman, il se consacre à l'écriture dramatique parallèlement à ses fonctions de directeur d'une grande entreprise. Son théâtre renouvelle les thématiques dramatiques traditionnelles en traitant de l'immédiate actualité politique et sociale. Faits divers, préoccupations concrètes du monde du travail, échos fragmentaires des grands événements politiques et culturels composent un univers éclaté, peuplé d'antihéros qui n'aperçoivent jamais que quelques rouages de l'immense machine qui les fait se mouvoir et qui les broie. Vinaver fait état des répercussions quotidiennes de l'Histoire, fragmentant celle-ci et refusant d'en donner une lecture globale. Il se livre à une recherche formelle exigeante et consacre une importante partie de son travail à la réflexion critique.
« Dissident », il va sans dire et « Nina c'est autre chose », deux pièces écrites en 1976, ont été publiées sous le titre Théâtre de chambre à L'Arche Éditeur en 1978. « Théâtre de chambre comme il y a une musique de chambre, où la matière se constitue à partir du jeu ensemble d'un petit nombre de voix, de thèmes. Accords et dissonances. Répétitions et variations. »
(Michel Vinaver.)

La Stupidité

De Rafael Spregelburd
Création 2009

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Philippe Béranger, Ricardo Martinez, Vanessa Mattioli, Elsa Perucchetti, Olivier Urbe

Spectacle La Stupidité

Divers motels des environs de Las Vegas. Même si le motel change d’une scèneà l’autre, la chambre que nous verrons sera toujours la même : banale.
Cinq histoires qui s’entrecroisent. Ces personnages, dans ce décor parlent, parlent, parlent et de temps en temps dansent, chantent ou jouent la comédie. Dans cet étrange cabaret où le spectateur vient consommer leur vie, ils s’agitent, projetant sur le sol l’ombre comique de nos mélodrames intérieurs.
A la manière d’un Tchékhov argentin, c’est plutôt l’espoir qui anime ces êtres fébriles et tremblants, l’espoir et l’anxiété de fabriquer leur personnalité, que l’auteur pousse dans ces refuges naturels où les personnages naissent et existent brutalement.
Comme épinglés sur les murs des chambres, comme projetés et écrasés sur la peinture de ces murs. Comme une oeuvre plastique plus que littéraire.

Le théâtre ambulant Chopalovitch

De Lioubomir Simovitch
Création 2009

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Elsa Perucchetti, Vanessa Mattioli, Marik Renner
Philippe Béranger, Ricardo Martinez, Yves-Louis Loricourt
Avec la participation des comédiens amateurs de Tric O Trac (Villerouge-Termenès)
et de la Nouvelle Cigale (Aigues-Mortes).

Spectacle Le théâtre ambulant Chopalovitch

En 1942, dans une Serbie occupée par l'Allemagne nazie, une troupe de comédiens itinérants s'installe en ville et joue chaque soir devant les habitants interrogatifs : face à l'horreur de la guerre, l'heure n'est pas au théâtre. Et pourtant… Disputes, crimes, haines, tortures, rythment le quotidien. Sur le plateau, c'est le rire, la musique et la danse qui deviennent les armes. Chacun se découvre et découvre l'autre, différemment. Une fable magnifique sur l'utilité ou l'inutilité du théâtre, mais surtout sur l'indispensable combat que l'artiste peut mener, simplement en tant sur scène.

Lioubomir Simovitch est né en 1935 à Oujitsé (Uzice) en Serbie. Sous le régime de Tito, Lioubomir Simovitch profondément anti-communiste, fut sérieusement menacé. Il reste très attaché à son pays, sa langue, sa culture (serbe), sa tradition, sa religion, son histoire et il défend, dès qu’il en a l’occasion avec véhémence, cet héritage. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils de poésie, qui le placent d’emblée parmi les plus importants poètes contemporains. Pour lui, la poésie est « la chose la plus importante au monde ». On le voit dans la pièce, c’est le moteur non seulement de l’écriture mais de l’action. Lioubomir Simovitch écrit aussi des textes dramatiques qui remportent sur la scène un succès populaire considérable et sont salués par la critique, tant pour leur contenu que pour leur poésie. Leur forme théâtrale est en outre profondément originale et naturellement novatrice. Le Théâtre Ambulant Chopalovitch a été créé au Théâtre National de Belgrade en 1985.

Péchés mortels

De Félix Mitterer / Traduction Henri Christophe
Création 2008

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Anne Césard, Carolle Gaillac, Philippe Béranger

Spectacle Péchés mortels

"Pourquoi, se demande Félix Mitterer, l'homme a-t-il fait l'enfant?
Et voici le premier "péché" (Orgueil), la première crise, les premières affres et déjà la plupart des leitmotiv de la pièce : couteau, alcool, séparation, trahison, mort violente… L'homme voulait un clone qui réussisse là où lui a échoué. Ce monstre d'orgueil, comme tous les monstres, paraît bien l'agrégat de toutes nos monstruosités minuscules (insignifiantes?). Ombre projetée de toute paternité, il hurle à la table familiale ce que nous ne nous chuchoterons qu'à grand-peine : le fantasme du père incarné dans sa progéniture, l'enfant instrumentalisé en double vengeur, l'éducation rêvée comme un élevage de clones...
Le thème est ici, comme pour les six autres "péchés", abordé frontalement, sans précautions narratives : une situation (ou plutôt une circonstance), un embrayeur (foirade, lapsus, ivresse, grain de sable…) e la nave va, jusqu'à l'inévitable naufrage, la chute finale – mortellement répétitive. Tout se passe comme si hommes, femmes et enfants n'attendaient que la première occasion de cracher le morceau. Ainsi, lors du repas de Noël, d'Avarice, auquel ont été conviés deux "pauvres réfugiés", l'homme n'a manifestement de cesse qu'il n'ait craché sa haine des étrangers, vomissant du même coup la haine de sa propre existence, et de sa fille toxicomane, incarnation de sa déchéance."
Enzo Cormann

Félix Mitterer au sujet de Péchés mortels
"...Je veux éviter à tout prix l’index moralisateur qui désigne toujours tout le monde sauf soi-même, l’auteur disant aux autres comment ils doivent se comporter. J’ai à l’évidence ces péchés en moi, comme tout le monde, il s’agit d’une recherche qui commence par moi-même. Il fallait donc que je parte de notre époque et que je m’examine pour voir ce par quoi il était possible d’intéresser le public une nouvelle fois en parlant du péché. Car le péché en soi n’a strictement aucun intérêt... Le péché en tant qu’acte contre soi-même ou son semblable, ça n’existe plus qu’au sein de l’Eglise qui s’efforce elle aussi d’être moderne et de ne plus utiliser ce type de terminologiearchaïque....Ce genre de monstruosités, il y en a eu et il y en a toujours, c’est l’homme qui est cynique, pas moi qui décris ces choses… Il n’existe pas d’être mauvais, seulement des êtres malheureux."
Felix Mitterer, préface à Kein schöner Land (Le plus beau pays)

Les quatre jumelles

De Copi
Création 2008

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Anne Césard, Marion Jouandon, Vanessa Mattioli, Carolle Gaillac

Spectacle Les quatre jumelles

Un appartement quelque part aux US. Un couple de jumelles en pleine action de panique et de shoot. On les voit prêtes à s’enfuir, mais l’une meurt puis l’autre à son tour tandis que la première ressuscite. Soudain un autre couple de jumelles arrive et tout se multiplie. Drogue, argent, mort, rédemption, tout se précipite et s’accélère jusqu’à la déconstruction de tout.
Quand un metteur en scène lit ce texte pour la première fois, c’est ce qu’il « voit » qui l’interroge et l’horrifie. Ces quatre personnages, ce qu’ils font, ce qu’ils vivent. Et cette fiction dans laquelle l’auteur l’entraîne est si terrifiante, qu’il finit par se laisser emporter du côté de la réalité qui est tellement plus fantastique, et quelquefois tellement plus brutale avec le spectacle de la vie.
C’est donc dans l’art de la démonstration et de l’excès que le théâtre livre son combat. Les personnages et leurs vêtements, leurs meubles, leurs habitudes pragmatiques, leurs rêves (argent caché, drogue cachée) et leurs remords, leurs réflexes, tout sera sur la scène et tout sera détruit, petit à petit mais méthodiquement, irrémédiablement, irréversiblement, des murs jusqu’à la douche jusqu’au tapis, jusqu’aux armoires, jusqu’au lit, tout en suivant la propre chute des jumelles : la réalité finit d’exister dans un véritable bain de sang et d’eau, de mort purifiée.
Pas une tragédie, non, mais un excès tel qu’on assiste à une farce drôle et terrible à la fois.

Doucement Electre

De Hrafnhildur Hagalin
Création 2008

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Anne Césard, Marion Jouandon, Philippe Béranger, Florian Doidy - musicien

Spectacle Doucement Electre

Deux actrices entrent sur scène, s’installent. Un régisseur projette sur un écran un film les montrant tous les trois en pleine improvisation.
Tout le long du texte, nous irons de l’écran à la scène jusqu’au moment où les deux espaces se rejoindront pour nous éclairer sur les liens qui existent effectivement entre les deux femmes.
Rares sont les textes de théâtre qui parlent de l’acteur. Encore plus rares ceux qui en parlent ave autant de finesse, de poésie et de « théâtre ».
« Doucement Electre » nous montre l’espace qui vit entre l’actrice et le personnage et laisse apparaître la chair et la matière que l’acteur utilise pour jouer. Sa dextérité, son habileté devient le propos dramatique du texte, de l’histoire.
La mise en scène : deux actrices (Anne Césard et Marion Jouandon), dont une plus jeune que l’autre, un régisseur (Philippe Béranger), et un musicien (Florian Doidy).
Nous voici donc sur une scène de théâtre, acteurs et spectateurs. Une boite noire où tous ensemble nous assistons au « jeu » en direct, à cet exercice physique qu’accomplissent les actrices pour se mettre en scènes et « jouer ». Accompagnées en permanence par le musicien, elles évoluent dans un espace nommé par la lumière et le paysage sonore que le régisseur leur offre. Nous avançons ensemble ainsi, d’une seconde à l’autre, passant des quatre écrans sur lesquels sont projetées les scènes jouées «avant», à la scène qui se joue aujourd’hui sous nos yeux. Là, la matière du travail de l’actrice devient l’histoire, la fable, le conte qui nous emporte jusqu’à la fin où tout devient flamboyant et lumineux.
Hrafnhildur Hagalin est islandaise. Fille de comédiens, elle a fréquenté le théâtre et ses coulisses dès son plus jeune âge. Diplômée du Conservatoire de Musique, elle part pour l'Espagne afin d'y poursuivre ses études de guitare classique. Elle se convertit à l'écriture et écrit sa première pièce Maestro à 25 ans qui a reçu le Prix Nordique du Théâtre en 1992 et a été traduite en dix langues. Doucement, Electre, sa troisième pièce, a été créée au Théâtre National à Reykjavik en 2000.

Mademoiselle Julie

De August Strinberg
Création 2008

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Vanessa Mattioli, Marik Renner, Loïc Flameng

Spectacle Mademoiselle Julie

Le drame présente deux volets : dans l'atmosphère chaude et lourde d'une nuit de la Saint-Jean, Julie, restée seule dans sa maison, invite le domestique, Jean, à danser avec elle. Provocante, elle le séduit. Puis le valet veut profiter de la situation : il incite Julie à voler son père et à fuir en sa compagnie. Jean lui fait ainsi partager son ambition : diriger un grand hôtel et entrer dans la sphère bourgeoise. Brutal et cynique, il exacerbe des sentiments de mépris, de dégoût et de honte qui précipitent la jeune fille dans une spirale abjecte.

Mademoiselle Julie est l'une des pièces d'August Strindberg parmi les plus complexes dans l'approche psychologique des personnages, chargée d'ambiguïté et d'hésitations. Le drame qui va lier Julie, l'aristocrate, et Jean le domestique de son père, ne se résout pas dans la seule analyse sociale. A l'opposition de classes se mêle celle des sexes et, plus profonde encore celle que chacun se livre à lui-même dans la contradiction de ses désirs. Lorsqu'au bout de ce rapport de répulsion-attirance, domination-soumission, haine-fascination qui les lie, les deux protagonistes succombent enfin à leur désir, c'est l'échec. L'incompréhension qui les sépare, leur incapacité à démêler la nature des leurs sentiments, les éloignent irrémédiablement. Dans la cuisine, qui est le théâtre de cette "tragédie naturaliste" (comme la sous-titre Strindberg), l'auteur se livre à une analyse des êtres qui interroge sans donner de réponse.

Gengis parmi les Pygmées

De Gregory Motton / Traduction Nicole Brette
Création 2007

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Philippe Grosperrin / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Anne Césard, Marion Jouandon, Vanessa Mattioli
Philippe Béranger, Christian Chessa, Alain Mueller

Spectacle Gengis parmi les Pygmées

Entraînant spectateurs et acteurs dans une succession de situations parfaitement iconoclastes à la façon des Marx Brothers, voici une comédie limpide qui questionne l'hypocrisie banale de nos comportements.

"Dans Gengis parmi les Pygmées, Gengis Khan découvre qu'il a gagné le concours pour devenir le chef de la nation. Il aura la charge de regarnir les rayons et d'élaborer la communication sur la politique de marketing de terrain. De grandes choses sont attendues de lui. Il a le projet de moderniser la boutique, d'accroître le profit, et de vendre aux gens l'unique article qu'ils n'ont pas encore : le noeud coulant. Après avoir essayé en vain de faire prendre de meilleures habitudes à sa population grossière, stupide et cupide, il finit par s'aventurer dans une guerre commerciale contre les États-Unis. Puis il devient espion et va travailler clandestinement comme "ouvrière" dans une usine de vêtements aux Philippines, où il tombe amoureux d'une collègue, la minuscule Lilipuce.
La satire imprévisible et détonante de Motton s'attaque aux certitudes lisses de la culture de consommation, aux méfaits du soi-disant progrès... et le désodorisant d'atmosphère n'est pas épargné... Avec absurdité, ironie et hilarité, Gengis parmi les Pygmées dénonce, à la manière de Candide, l'hypocrisie et la banalité des attitudes et des stratégies, souvent acceptées sans réflexion. Gregory Motton confirme son talent d'écrivain satirique avec une pièce furieusement et ouvertement drôle, au verbe bref, au rythme vif. Sa liberté de ton entraîne les personnages dans des situations surprenantes, souvent cocasses, parfois salaces."
Nicole Brette

On peut jouer ce texte avec un rythme fou, un amusement sans bornes un sourire permanent sur la gueule et la légèreté d'une bagatelle.
C'était ce qu'il fallait trouver pour la gravité du propos et le poids des mots de Motton. Dansons, dansons en réfléchissant à l'avenir de l'homme, à l'avenir de la planète, et sans les mélanger.

Californie, paradis des morts de faim

De Sam Shepard
Création 2006

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Valéria Emanuele, Sophie Front, Marion Jouandon, Vanessa Mattioli
Philippe Béranger, Kader Roubahie, Olivier Urbe

Spectacle Californie, paradis des morts de faim

Le contexte est clair. Pas d’argent. Une famille qui meurt de faim. Des êtres seuls, isolés, séparés qui ne cherchent de solutions que dans la séparation, le départ, la fuite, en dehors de toute solution raisonnable ou même légale, puisqu’il n’y en a pas.
Là-bas, ceux-là rêvent de l’Europe. Comme en Europe certains rêvent de l’Amérique, ou dans les pays de l’Est ou en Afrique du Nord on rêve de la France. Pourquoi cette pièce aujourd’hui?
Imaginons ! Voilà une maison à vendre. Elle est moche, à moitié démolie par la furie du père qui boit. Personne ne la respecte, le fils pisse dans la pièce sous les yeux de la mère. Alors il y a le dehors. Les voitures, la poussière, le cheval.
On s’évade quelques heures. On entre dans une ferme. Une ferme de Californie, et sous nos yeux les mêmes femmes et les mêmes hommes luttent contre le même adversaire : soi.
Et moi alors ? Qui suis-je dans cette famille, dans cette ville, sur cette terre ?

Les pièces de Sam Shepard interrogent les mythes fondateurs des USA (l'ouest, l'errance, les mythologies masculines...). C'est un auteur dramatique confirmé. Ses pièces expérimentales et contemporaines brisent les formes classiques et conventionnelles, choquent le public et glanent de nombreux prix. Sam Shepard s'intéresse également au septième art. Dans le domaine de l'écriture, il a scénarisé Paris, Texas de Wim Wenders et Zabriskie Point d'Antonioni. Mais cet homme de théâtre se fait paradoxalement connaître du grand public en tant qu'acteur. Ses yeux clairs, son teint buriné et son visage longiligne permettent à cet homme à la fois séduisant et classique d'aborder tous les registres.

Kvetch

De Stephen Berkoff
Création 2007

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Catherine Noden / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Marion Jouandon, Philippe Béranger, Kader Roubahie, Florian Doidy - musicien

Spectacle Kvetch

"Cette pièce est dédiée à tous ceux qui ont peur..." nous dit l’auteur.
Après le boulot, Frank rentre chez lui en ramenant un ami. Sa femme, qui a préparé quelque chose à manger avec sa mère, tremble de peur parce que, de toutes façons, Frank ne sera pas satisfait. Il ne sera satisfait de rien d’ailleurs. Ni lui, ni sa femme, ni la belle-mère, ni l’ami invité, ni le client inattendu. Mais tous parlent le double discours. Le discours intérieur et le discours à usage d’autrui. Tout au long de cette soirée ratée, chacun, tout en parlant aux autres avec politesse ou hypocrisie, nous dira franchement ce qu’il pense vraiment. C’est de ce ressort venant de la situation qu’on se plaît à imaginer « si on le faisait dans la vie », que commence le rire et que se monte la comédie.
Oui, nous nous voyons nous-mêmes, disant réellement à chaque instant, ce que nous pensons vraiment. Et malgré toute notre bonne volonté, une fois les projecteurs éteints, la question reste entière : à quoi cela pourrait bien nous servir? Nos peurs seront toujours là, même si rien n’est comme avant… peur de la bombe – du cancer – des agents cancérigènes – de la maladie – du chômage – de l’impuissance – de la peur de la peur – des Noirs – des Blancs – de la police des redevances – des impôts – perdre ses cheveux – devenir gros – devenir laid – nous dit l’auteur…
Le thème essentiel de l'oeuvre est la peur : la peur au quotidien, la peur de vivre, tout simplement. Le mécanisme dialectique se met en marche à partir d'une situation banale et l'engrenage formel projette les personnages jusqu'aux limites de l'inconscient. Avec une jubilation opiniâtre, Berkoff démonte les possibilités de ses personnages, les retranche dans leurs champs respectifs de liberté et de contrainte, pour les soumettre à un incroyable "forcing".
Kvetch est une étude des effets de l'angoisse sur les "kvetches" harcelants qui nous empêchent de dormir. Pour beaucoup de gens qui n'arrivent pas à vivre dans le présent, c'est un problème réel et terrible. Nous sommes assujettis à une gamme de problèmes qui ne restent pas forcément tranquillement dans la queue, patientant avant d'être résolus, mais qui sont susceptibles à chaque instant de resquiller et de hurler pour attirer votre attention et ils vous 'kvetchent" ou vous tourmentent jusqu'à ce que vous leur ayez accordé votre attention. Combien de fois lorsque nous parlons, n'y a-t-il pas un dialogue qui se fait à l'arrière-plan?
Si seulement nous pouvions exprimer les pensées de l'arrière-plan, notre communication en serait plus vraie!
En faisant tenir à ses créatures un double discours, le discours intérieur et le discours à usage d'autrui, Berkoff nous livre une comédie jubilatoire dédiée à tous ceux qui ont peur.

Couple ouvert à deux battants

De Dario Fo et Franca Rame
Création 2006

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Valéria Emanuele, Philippe Béranger

Spectacle Couple ouvert à deux battants

Écrite dans les années 80, sur le thème du couple et de ses contradictions, Dario Fo et Franca Rame réussissent avec Couple ouvert à deux battants, une comédie satirique, drôle et vive qui décortique la traditionnelle scène de ménage et explore la situation amoureuse du couple, lui prônant "le couple ouvert", elle luttant contre les courants d'air.
Comédie de moeurs à l'italienne, cette pièce est à la fois grinçante et burlesque, violente et tendre.
Un homme trompe sa femme, jusque là, rien de très original. Ils représentent, finalement, le joli couple fermé, dit "traditionnel", qui selon Franca Rame "a fait naître les fameuses cornes...". Sa femme, follement désespérée, tente, avec enthousiasme, drôlerie et dynamisme de se suicider, sans accepter pour autant de se laisser suicider par son mari. Sourd à son appel au secours, le mari lui propose une union libre dans laquelle, « Ô ! liberté ! », il serait possible d'aller voir ailleurs à son gré. C'est l'exceptionnel couple ouvert mais attention aux deux battants!
Dans « Couple ouvert à deux battants », la femme tente un suicide à divers niveaux, et l’homme semble à peine la retenir. Voilà le sujet de notre pièce. Dans l’espace du décor de leur maison, les spectateurs se retrouvent dans l’appartement dévasté de ce couple, qui va tenter de recoller les morceaux de la frustration et de l’abandon, pour «continuer ?» ou …
Alors qu’est-ce qui nous fait tant rire ? Le débit, l’humour et la verve de cette femme qui incarne toutes les femmes ? La stupidité de cet homme obtus et misogyne ? Se reconnaître un peu plus soi-même à chaque mot ? A chaque geste, chaque grimace ? Découvrir que ce que nous cachons si ardemment, notre voisin le fait comme nous, même en Italie. Alors, ailleurs aussi ? Ou bien est-ce que c’est la proximité des acteurs qui nous saisit si vite, qu’il est impossible ensuite d’imaginer ou de penser que ce n’est pas à nous que cette histoire arrive ?

Dario Fo, l'une des personnalités de premier plan de la farce moderne et du théâtre politique, naquit en 1926 dans le village de Sangiano (Varese) en Lombardie, où il fut tôt en contact avec le théâtre populaire et la tradition orale (son grand-père était un fabulatore connu). Il fit ses débuts d'acteur en 1952 (Teatro Odeon, Milan); la même année, il commença à écrire des revues de critique sociale et à jouer au Piccolo Teatro. En 1954, il se maria avec l'actrice Franca Rame. Le couple fonda ensemble en 1959 sa propre compagnie. La consécration internationale vint en 1960 avec Les archanges ne jouent pas au flipper. Après avoir occupé le Palazzino Liberty à Milan, il y obtint un théâtre permanent, inauguré en 1974 par la représentation de la pièce à succès Faut pas payer!. Son anti-conformisme, son courage civique et son engagement politique et social entraînèrent Fo dans d'innombrables procès et controverses en Italie avec l'Etat, la police, la censure, la télévision. Sa production dramatique complète comprend environ 70 oeuvres. En 1981, Dario Fo reçut le prix Sonning et en 1997 le prix Nobel de littérature.

Lettre des Iles Baladar

De Jacques Prévert
Création 2006

Mise en Scène Christian Chessa
Scénographie François Tomsu / Costumes Alexandra Dibiaggio
Lumières Catherine Noden / Régie générale Alain Mueller
Administration Charles George

Avec Valéria Emanuele, Sophie Front, Marion Jouandon, Zéline Zonzon

Spectacle Lettre des Iles Baladar

Conduite Intérieure a monté Lettre des Iles Baladar pour la première fois en 1986. Ce spectacle a fait partie du répertoire de la compagnie plusieurs années avec un vif succès auprès des enfants et des familles. Vingt ans plus tard, Conduite Intérieure propose au jeune public une nouvelle version complètement transformée de ce spectacle.
C'est la rencontre d'artistes venant de tous les horizons qui a fait naître cette envie : Sophie Front – chanteuse, Valéria Emanuele – comédienne de comedia del arte, Zéline Zonzon – danseuse, Marion Jouandon – Comédienne.
Lettre des Iles Baladar est un spectacle visuel et musical, alliant toutes ces techniques du spectacle dans une joyeuse énergie.
Publié pour la 1ère fois en 1952, Lettre des Iles Baladar est un conte fantastique qui réunit presque tous les personnages mythologiques de Prévert.
Dans un pays lointain et mythique, isolé au milieu d'un océan de rêves et de jeux, les habitants des Iles Baladar passent le temps au gré de leur fantaisie.
Un jour, en provenance de Tue-Tue-Paon-Paon, la capitale du grand continent, arrivent des hordes d'envahisseurs attirés par la promesse qu'ils découvriront de l'or dans le sous-sol de l'île. Les indigènes pêcheurs de thons se retrouvent en un rien de temps mineurs de fond de la péninsule du Trésor et bien plus malheureux qu'avant. Mais cela ne dure pas longtemps car ils ont plus d'un tour dans leur sac et ne sont pas du genre à se laisser prendre pour des paons.
Lettre des Iles Baladar est aussi un spectacle familial alliant la danse, le chant, la lumière et la comédie. Lorsque l'on parle de Prévert, on pense presque automatiquement aux enfants. Il serait dommage que pour cette raison, les adultes se privent du plaisir d'entendre aujourd'hui un poète libre et non-conformiste dont les mots résonnent d'une troublante actualité.

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CONDUITE INTERIEURE - THEATRE ITINERANT