
L'hirondelle
2010
D’après une pièce de Henning Mankel
Mise en scène : Vanessa Mattioli
Avec :
Wissal, Aïcha, Asma, Anlafa,
Meyriem, Wassila, Rizlaine et Dlawab
Spectacle interprété par un groupe de 8 jeunes acteurs de 8 à 12 ans, tous issus du Quartier du Chemin Bas d’Avignon, de l’Ecole Georges Bruguier ou du collège Romain Rolland.
Il est construit à partir de l’ouvrage de
Henning Mankell “L’assassin sans scrupules”.

Nina c'est autre chose
2009
Auteur : Michel Vinaver
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Lumières : Philippe Grosperrin
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Anne Césard
Philippe Béranger
Ricardo Martinez
Leur mère est morte et ils habitent ensemble, deux frères, quarante ans passés, célibataires, une vie réglée. Sébastien, qui travaille dans une usine, est passionné par la comparaison entre les différentes nationalités, Charles, ouvrier coiffeur est moins profond, ils s'entendent bien, ça pourrait continuer comme ça. Mais Charles introduit de force Nina, sa petite Amie, dans leur vie commune. Celle-ci se met à craquer, mais sans se défaire. Au contraire la vie ne cesse, à partir de là, de se faire, puisqu'il y a maintenant les contradictions, les tensions, un incessant éclatement.
Après s'être essayé au roman, il se consacre à l'écriture dramatique parallèlement à ses fonctions de directeur d'une grande entreprise. Son théâtre renouvelle les thématiques dramatiques traditionnelles en traitant de l'immédiate actualité politique et sociale. Faits divers, préoccupations concrètes du monde du travail, échos fragmentaires des grands événements politiques et culturels composent un univers éclaté, peuplé d'antihéros qui n'aperçoivent jamais que quelques rouages de l'immense machine qui les fait se mouvoir et qui les broie. Vinaver fait état des répercussions quotidiennes de l'Histoire, fragmentant
celle-ci et refusant d'en donner une lecture globale. Il se livre à une recherche formelle exigeante et consacre une importante partie de son travail à la réflexion critique.
« Dissident », il va sans dire et « Nina c'est autre chose », deux pièces écrites en 1976, ont été publiées sous le titre Théâtre de chambre à L'Arche Éditeur en 1978. « Théâtre de chambre comme il y a une musique de chambre, où la matière se constitue à partir du jeu ensemble d'un petit nombre de voix, de thèmes. Accords et dissonances. Répétitions et variations. » (Michel Vinaver.)

La Stupidité
2010
Auteur : Rafael Spregelburd
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Lumière : Philippe Grosperrin
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Philippe Béranger
Ricardo Martinez
Vanessa Mattioli
Elsa Poty
Olivier Urbe
Divers motels des environs de Las Vegas. Même si le motel change d’une scèneà l’autre, la chambre que nous verrons sera toujours la même : banale.
5 histoires qui s’entrecroisent. Ces personnages, dans ce décor parlent, parlent, parlent et de temps en temps dansent, chantent ou jouent la comédie. Dans cet étrange cabaret où le spectateur vient consommer leur vie, ils s’agitent, projetant sur le sol l’ombre comique de nos mélodrames intérieurs.
A la manière d’un Tchékhov argentin, c’est plutôt l’espoir qui anime ces êtres fébriles et tremblants, l’espoir et l’anxiété de fabriquer leur personnalité, que l’auteur pousse dans ces refuges naturels où les personnages naissent et existent brutalement.
Comme épinglés sur les murs des chambres, comme projetés et écrasés sur la peinture de ces murs. Comme une oeuvre plastique plus que littéraire.

Le théâtre ambulant Chopalovitch
2009
Auteur : Lioubomir Simovitch
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Lumières : Philippe Grosperrin
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Elsa Perucchetti, Vanessa Mattioli,
Marik Renner, Philippe Béranger,
Ricardo Martinez et Yves-Louis Loricourt
avec la participation
des comédiens amateurs de Tric O Trac
(Villerouge-Termenès)
et de la Nouvelle Cigale
(Aigues-Mortes)
En 1942, dans une Serbie occupée par l'Allemagne nazie, une troupe de comédiens itinérants s'installe en ville et joue chaque soir devant les habitants interrogatifs : face à l'horreur de la guerre, l'heure n'est pas au théâtre. Et pourtant… Disputes, crimes, haines, tortures, rythment le quotidien. Sur le plateau, c'est le rire, la musique et la danse qui deviennent les armes. Chacun se découvre et découvre l'autre, différemment. Une fable magnifique sur l'utilité ou l'inutilité du théâtre, mais surtout sur l'indispensable combat que l'artiste peut mener, simplement en tant sur scène.
Lioubomir Simovitch est né en 1935 à Oujitsé (Uzice) en Serbie. Sous le régime de Tito, Lioubomir Simovitch profondément anti-communiste, fut sérieusement menacé. Il reste très attaché à son pays, sa langue, sa culture (serbe), sa tradition, sa religion, son histoire et il défend, dès qu’il en a l’occasion avec véhémence, cet héritage. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils de poésie, qui le placent d’emblée parmi les plus importants poètes contemporains. Pour lui, la poésie est « la chose la plus importante au monde ». On le voit dans la pièce, c’est le moteur non seulement de l’écriture mais de l’action. Lioubomir Simovitch écrit aussi des textes dramatiques qui remportent sur la scène un succès populaire considérable et sont salués par la critique, tant pour leur contenu que pour leur poésie. Leur forme théâtrale est en outre profondément originale et naturellement novatrice.
Le Théâtre Ambulant Chopalovitch a été créé au Théâtre National de Belgrade en 1985.

Péchés mortels
2008
Auteur : Félix Mitterer
traduction : Henri Christophe
Mise En Scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Lumières : Philippe Grosperrin
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie Générale : Alain Mueller
Avec :
Vanessa Mattioli
Anne Césard
Carolle Gaillac
Philippe Béranger
"Pourquoi, se demande Félix Mitterer, l'homme a-t-il fait l'enfant?
Et voici le premier "péché" (Orgueil), la première crise, les premières affres et déjà la plupart des leitmotiv de la pièce : couteau, alcool, séparation, trahison, mort violente… L'homme voulait un clone qui réussisse là où lui a échoué. Ce monstre d'orgueil, comme tous les monstres, paraît bien l'agrégat de toutes nos monstruosités minuscules (insignifiantes?). Ombre projetée de toute paternité, il hurle à la table familiale ce que nous ne nous chuchoterons qu'à grand-peine :
le fantasme du père incarné dans sa progéniture, l'enfant instrumentalisé en double vengeur, l'éducation rêvée comme un élevage de clones…
Le thème est ici, comme pour les six autres "péchés", abordé frontalement, sans précautions narratives : une situation (ou plutôt une circonstance), un embrayeur (foirade, lapsus, ivresse, grain de sable…) e la nave va, jusqu'à l'inévitable naufrage, la chute finale – mortellement répétitive. Tout se passe comme si hommes, femmes et enfants n'attendaient que la première occasion de cracher le morceau. Ainsi, lors du repas de Noël, d'Avarice, auquel ont été conviés deux "pauvres réfugiés", l'homme n'a manifestement de cesse qu'il n'ait craché sa haine des étrangers, vomissant du même coup la haine de sa propre existence, et de sa fille toxicomane, incarnation de sa déchéance."
Enzo Cormann
Félix Mitterer au sujet de Péchés mortels
"...Je veux éviter à tout prix l’index moralisateur qui désigne toujours tout le monde sauf soi-même, l’auteur disant aux autres comment ils doivent se comporter. J’ai à l’évidence ces péchés en moi, comme tout le monde, il s’agit d’une recherche qui commence par moi-même. Il fallait donc que je parte de notre époque et que je m’examine pour voir ce par quoi il était possible d’intéresser le public une nouvelle fois en parlant du péché. Car le péché en soi n’a strictement aucun intérêt... Le péché en tant qu’acte contre soi-même ou son semblable, ça n’existe plus qu’au sein de l’Eglise qui s’efforce elle aussi d’être moderne et de ne plus utiliser ce type de terminologiearchaïque....Ce genre de monstruosités, il y en a eu et il y en a toujours, c’est l’homme qui est cynique, pas moi qui décris ces choses… Il n’existe pas d’être mauvais, seulement des êtres malheureux."
Felix Mitterer, préface à Kein schöner Land (Le plus beau pays)

Les quatre jumelles
2008
Auteur : Copi
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Lumières : Philippe Grosperrin
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Anne Césard
Marion Jouandon
Vanessa Mattioli
Carolle Gaillac
Un appartement quelque part aux US. Un couple de jumelles en pleine action de panique et de shoot. On les voit prêtes à s’enfuir, mais l’une meurt puis l’autre à son tour tandis que la première ressuscite. Soudain un autre couple de jumelles arrive et tout se multiplie. Drogue, argent, mort, rédemption, tout se précipite et s’accélère jusqu’à la déconstruction de tout.
Quand un metteur en scène lit ce texte pour la première fois, c’est ce qu’il « voit » qui l’interroge et l’horrifie. Ces quatre personnages, ce qu’ils font, ce qu’ils vivent. Et cette fiction dans laquelle l’auteur l’entraîne est si terrifiante, qu’il finit par se laisser emporter du côté de la réalité qui est tellement plus fantastique, et quelquefois tellement plus brutale avec le spectacle de la vie.
C’est donc dans l’art de la démonstration et de l’excès que le théâtre livre son combat. Les personnages et leurs vêtements, leurs meubles, leurs habitudes pragmatiques, leurs rêves (argent caché, drogue cachée) et leurs remords, leurs réflexes, tout sera sur la scène et tout sera détruit, petit à petit mais méthodiquement, irrémédiablement, irréversiblement, des murs jusqu’à la douche jusqu’au tapis, jusqu’aux armoires, jusqu’au lit, tout en suivant la propre chute des jumelles : la réalité finit d’exister dans un véritable bain de sang et d’eau, de mort purifiée.
Pas une tragédie, non, mais un excès tel qu’on assiste à une farce drôle et terrible à la fois.

Doucement Electre
2008
Auteur : Hrafnhildur Hagalin
Traduction : Raka Asgeirdottir et Nabil El Azan
Mise en Scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Lumières : Philippe Grosperrin
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Anne Césard
Marion Jouandon
Philippe Béranger
et Florian Doidy - musicien
Deux actrices entrent sur scène, s’installent. Un régisseur projette sur un écran un film les montrant
tous les trois en pleine improvisation.
Tout le long du texte, nous irons de l’écran à la scène jusqu’au moment où les deux espaces se
rejoindront pour nous éclairer sur les liens qui existent effectivement entre les deux femmes.
Rares sont les textes de théâtre qui parlent de l’acteur. Encore plus rares ceux qui en parlent avec
autant de finesse, de poésie et de « théâtre ».
« Doucement Electre » nous montre l’espace qui vit entre l’actrice et le personnage et laisse apparaître
la chair et la matière que l’acteur utilise pour jouer. Sa dextérité, son habileté devient le propos dramatique du texte, de l’histoire.
La mise en scène : deux actrices (Anne Césard et Marion Jouandon), dont une plus jeune que l’autre,
un régisseur (Philippe Béranger), et un musicien (Florian Doidy).
Nous voici donc sur une scène de théâtre, acteurs et spectateurs. Une boite noire où tous ensemble
nous assistons au « jeu » en direct, à cet exercice physique qu’accomplissent les actrices pour se mettre
en scènes et « jouer ». Accompagnées en permanence par le musicien, elles évoluent dans un espace nommé par la lumière et le paysage sonore que le régisseur leur offre. Nous avançons ensemble ainsi, d’une seconde à l’autre, passant des quatre écrans sur lesquels sont projetées les scènes jouées «avant»,
à la scène qui se joue aujourd’hui sous nos yeux. Là, la matière du travail de l’actrice devient l’histoire,
la fable, le conte qui nous emporte jusqu’à la fin où tout devient flamboyant et lumineux.
Hrafnhildur Hagalin est islandaise. Fille de comédiens, elle a fréquenté le théâtre et ses coulisses dès
son plus jeune âge. Diplômée du Conservatoire de Musique, elle part pour l'Espagne afin d'y poursuivre
ses études de guitare classique. Elle se convertit à l'écriture et écrit sa première pièce Maestro à 25 ans
qui a reçu le Prix Nordique du Théâtre en 1992 et a été traduite en dix langues. Doucement, Electre,
sa troisième pièce, a été créée au Théâtre National à Reykjavik en 2000.

Mademoiselle Julie
2008
Auteur : August Strinberg
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Vanessa Mattioli
Marik Renner
Loïc Flameng
Le drame présente deux volets : dans l'atmosphère chaude et lourde d'une nuit de la Saint-Jean, Julie, restée seule dans sa maison, invite le domestique, Jean, à danser avec elle. Provocante, elle le séduit. Puis le valet veut profiter de la situation : il incite Julie à voler son père et à fuir en sa compagnie. Jean lui fait ainsi partager son ambition : diriger un grand hôtel et entrer dans la sphère bourgeoise. Brutal et cynique, il exacerbe des sentiments de mépris, de dégoût et de honte qui précipitent la jeune fille dans une spirale abjecte.
Mademoiselle Julie est l'une des pièces d'August Strindberg parmi les plus complexes dans l'approche psychologique des personnages, chargée d'ambiguïté et d'hésitations. Le drame qui va lier Julie, l'aristocrate, et Jean le domestique de son père, ne se résout pas dans la seule analyse sociale. A l'opposition de classes se mêle celle des sexes et, plus profonde encore celle que chacun se livre à lui-même dans la contradiction de ses désirs. Lorsqu'au bout de ce rapport de répulsion-attirance, domination-soumission, haine-fascination qui les lie, les deux protagonistes succombent enfin à leur désir, c'est l'échec. L'incompréhension qui les sépare, leur incapacité à démêler la nature des leurs sentiments, les éloignent irrémédiablement. Dans la cuisine, qui est le théâtre de cette "tragédie naturaliste" (comme la sous-titre Strindberg), l'auteur se livre à une analyse des êtres qui interroge sans donner de réponse.

Gengis parmi les Pygmées
2007
Auteur : Gregory Motton
Traduction : Nicole Brette
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Lumières : Philippe Grosperrin
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie Générale : Alain Mueller
Administration : Charles George
Avec :
Anne Césard, Marion Jouandon
Vanessa Mattioli, Philippe Béranger
Christian Chessa
Alain Mueller
Entraînant spectateurs et acteurs dans une succession de situations parfaitement iconoclastes à la façon des Marx Brothers, voici une comédie limpide qui questionne l'hypocrisie banale de nos comportements.
"Dans Gengis parmi les Pygmées, Gengis Khan découvre qu'il a gagné le concours pour devenir le chef de la nation. Il aura la charge de regarnir les rayons et d'élaborer la communication sur la politique de marketing
de terrain. De grandes choses sont attendues de lui. Il a le projet de moderniser la boutique, d'accroître le profit, et de vendre aux gens l'unique article qu'ils n'ont pas encore : le noeud coulant. Après avoir essayé en vain de faire prendre de meilleures habitudes à sa population grossière, stupide et cupide, il finit par s'aventurer dans une guerre commerciale contre les États-Unis. Puis il devient espion et va travailler clandestinement comme "ouvrière" dans une usine de vêtements aux Philippines, où il tombe amoureux d'une collègue, la minuscule Lilipuce.
La satire imprévisible et détonante de Motton s'attaque aux certitudes lisses de la culture de consommation, aux méfaits du soi-disant progrès... et le désodorisant d'atmosphère n'est pas épargné... Avec absurdité, ironie et hilarité, Gengis parmi les Pygmées dénonce, à la manière de Candide, l'hypocrisie et la banalité des attitudes et des stratégies,
souvent acceptées sans réflexion. Gregory Motton confirme son talent d'écrivain satirique avec une pièce furieusement et ouvertement drôle, au verbe bref, au rythme vif. Sa liberté de ton entraîne les personnages dans des situations surprenantes, souvent cocasses, parfois salaces."
Nicole Brette
On peut jouer ce texte avec un rythme fou, un amusement sans bornes un sourire permanent sur la gueule et la légèreté d'une bagatelle.
C'était ce qu'il fallait trouver pour la gravité du propos et le poids des mots de Motton. Dansons, dansons en réfléchissant à l'avenir de l'homme, à l'avenir de la planète, et sans les mélanger.

Californie, paradis des morts de faim
2007
Auteur : Sam Shepard
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie Générale : Alain Mueller
Avec :
Valeria Emanuele, Sophie Front
Marion Jouandon, Vanessa Mattioli
Philipe Béranger
Kader Roubahie
Olivier Urbe
Le contexte est clair. Pas d’argent. Une famille qui meurt de faim. Des êtres seuls, isolés, séparés qui ne cherchent de solutions que dans la séparation, le départ, la fuite, en dehors de toute solution raisonnable ou même légale, puisqu’il n’y en a pas.
Là-bas, ceux-là rêvent de l’Europe. Comme en Europe certains rêvent de l’Amérique, ou dans les pays de l’Est ou en Afrique du Nord on rêve de la France. Pourquoi cette pièce aujourd’hui?
Imaginons ! Voilà une maison à vendre. Elle est moche, à moitié démolie par la furie du père qui boit. Personne ne la respecte, le fils pisse dans la pièce sous les yeux de la mère. Alors il y a le dehors. Les voitures, la poussière, le cheval.
On s’évade quelques heures. On entre dans une ferme. Une ferme de Californie, et sous nos yeux les mêmes femmes et les mêmes hommes luttent contre le même adversaire : soi.
Et moi alors ? Qui suis-je dans cette famille, dans cette ville, sur cette terre ?
Les pièces de Sam Shepard interrogent les mythes fondateurs des USA (l'ouest, l'errance, les mythologies masculines...). C'est un auteur dramatique confirmé. Ses pièces expérimentales et contemporaines brisent les formes classiques et conventionnelles, choquent le public et glanent de nombreux prix. Sam Shepard s'intéresse également au septième art. Dans le domaine de l'écriture, il a scénarisé Paris, Texas de Wim Wenders et Zabriskie Point d'Antonioni. Mais cet homme de théâtre se fait paradoxalement connaître du grand public en tant qu'acteur. Ses yeux clairs, son teint buriné et son visage longiligne permettent à cet homme à la fois séduisant et classique d'aborder tous les registres.

Kvetch
2006
Auteur : Stephen Berkoff
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Lumières : Catherine Noden
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Marion Jouandon
Philippe Béranger
Kader Roubahie
Musicien : Florian Doidy
… cette pièce est dédiée à tous ceux qui ont peur, nous dit l’auteur.
Après le boulot, Frank rentre chez lui en ramenant un ami. Sa femme, qui a préparé quelque chose à manger avec sa mère, tremble de peur parce que, de toutes façons, Frank ne sera pas satisfait. Il ne sera satisfait de rien d’ailleurs. Ni lui, ni sa femme, ni la belle-mère, ni l’ami invité, ni le client inattendu. Mais tous parlent le double discours. Le discours intérieur et le discours à usage d’autrui. Tout au long de cette soirée ratée, chacun, tout en parlant aux autres avec politesse ou hypocrisie, nous dira franchement ce qu’il pense vraiment. C’est de ce ressort venant de la situation qu’on se plaît à imaginer « si on le faisait dans la vie », que commence le rire et que se monte la comédie.
Oui, nous nous voyons nous-mêmes, disant réellement à chaque instant, ce que nous pensons vraiment. Et malgré toute notre bonne volonté, une fois les projecteurs éteints, la question reste entière : à quoi cela pourrait bien nous servir? Nos peurs seront toujours là, même si rien n’est comme avant… peur de la bombe – du cancer – des agents cancérigènes – de la maladie – du chômage – de l’impuissance – de la peur de la peur – des Noirs – des Blancs – de la police des redevances – des impôts – perdre ses cheveux – devenir gros – devenir laid – nous dit l’auteur…
Le thème essentiel de l'oeuvre est la peur : la peur au quotidien, la peur de vivre, tout simplement. Le mécanisme dialectique se met en marche à partir d'une situation banale et l'engrenage formel projette les personnages jusqu'aux limites de l'inconscient. Avec une jubilation opiniâtre, Berkoff démonte les possibilités de ses personnages, les retranche dans leurs champs respectifs de liberté et de contrainte,
pour les soumettre à un incroyable "forcing".
Kvetch est une étude des effets de l'angoisse sur les "kvetches" harcelants qui nous empêchent de dormir. Pour beaucoup de gens qui n'arrivent pas à vivre dans le présent, c'est un problème réel et terrible. Nous sommes assujettis à une gamme de problèmes qui ne restent pas forcément tranquillement dans la queue, patientant avant d'être résolus, mais qui sont susceptibles à chaque instant de resquiller et de hurler pour attirer votre attention et ils vous 'kvetchent" ou vous tourmentent jusqu'à ce que vous leur ayez accordé votre attention. Combien de fois lorsque nous parlons, n'y a-t-il pas un dialogue qui se fait à l'arrière-plan?
Si seulement nous pouvions exprimer les pensées de l'arrière-plan, notre communication en serait plus vraie!
En faisant tenir à ses créatures un double discours, le discours intérieur et le discours à usage d'autrui, Berkoff nous livre une comédie jubilatoire dédiée à tous ceux qui ont peur.

Couple ouvert à deux battants
2006
Auteurs : Dario Fo et Franca Rame
Mise en scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Valeria Emanuele
Philippe Béranger
Écrite dans les années 80, sur le thème du couple et de ses contradictions, Dario Fo et Franca Rame réussissent avec Couple ouvert à deux battants, une comédie satirique, drôle et vive qui décortique la traditionnelle scène de ménage et explore la situation amoureuse du couple, lui prônant "le couple ouvert", elle luttant contre les courants d'air.
Comédie de moeurs à l'italienne, cette pièce est à la fois grinçante et burlesque, violente et tendre.
Un homme trompe sa femme, jusque là, rien de très original. Ils représentent, finalement, le joli couple fermé, dit "traditionnel", qui selon Franca Rame "a fait naître les fameuses cornes...". Sa femme, follement désespérée, tente, avec enthousiasme, drôlerie et dynamisme de se suicider, sans accepter pour autant de se laisser suicider par son mari. Sourd à son appel au secours, le mari lui propose une union libre dans laquelle, « Ô ! liberté ! », il serait possible d'aller voir ailleurs à son gré. C'est l'exceptionnel couple ouvert mais attention aux deux battants!
Dans « Couple ouvert à deux battants », la femme tente un suicide à divers niveaux, et l’homme semble à peine la retenir. Voilà le sujet de notre pièce. Dans l’espace du décor de leur maison, les spectateurs se retrouvent dans l’appartement dévasté de ce couple, qui va tenter de recoller les morceaux de la frustration et de l’abandon, pour «continuer ?» ou …
Alors qu’est-ce qui nous fait tant rire ? Le débit, l’humour et la verve de cette femme qui incarne toutes les femmes ? La stupidité de cet homme obtus et misogyne ? Se reconnaître un peu plus soi-même à chaque mot ? A chaque geste, chaque grimace ? Découvrir que ce que nous cachons si ardemment, notre voisin le fait comme nous, même en Italie. Alors, ailleurs aussi ? Ou bien est-ce que c’est la proximité des acteurs qui nous saisit si vite, qu’il est impossible ensuite d’imaginer ou de penser que ce n’est pas à nous que cette histoire arrive ?
Dario Fo, l'une des personnalités de premier plan de la farce moderne et du théâtre politique, naquit en 1926 dans le village de Sangiano (Varese) en Lombardie, où il fut tôt en contact avec le théâtre populaire et la tradition orale (son grand-père était un fabulatore connu). Il fit ses débuts d'acteur en 1952 (Teatro Odeon, Milan); la même année, il commença à écrire des revues de critique sociale et à jouer au Piccolo Teatro. En 1954, il se maria avec l'actrice Franca Rame. Le couple fonda ensemble en 1959 sa propre compagnie. La consécration internationale vint en 1960 avec Les archanges ne jouent pas au flipper. Après avoir occupé le Palazzino Liberty à Milan, il y obtint un théâtre permanent, inauguré en 1974 par la représentation de la pièce à succès Faut pas payer!. Son anti-conformisme, son courage civique et son engagement politique et social entraînèrent Fo dans d'innombrables procès et controverses en Italie avec l'Etat, la police, la censure, la télévision. Sa production dramatique complète comprend environ 70 oeuvres. En 1981, Dario Fo reçut le prix Sonning et en 1997 le prix Nobel de littérature.

Lettre des Iles Baladar
2006
Auteur : Jacques Prévert
Mise en Scène : Christian Chessa
Scénographie : François Tomsu
Costumes : Alexandra Dibiaggio
Lumières : Catherine Noden
Régie générale : Alain Mueller
Avec :
Valéria Emanuele
Sophie Front
Marion Jouandon
Zéline Zonzon
Conduite Intérieure a monté Lettre des Iles Baladar pour la 1ère fois en
1986. Ce spectacle a fait parti du répertoire de la compagnie plusieurs années avec un vif succès auprès des enfants et des familles. Vingt ans plus tard, Conduite Intérieure propose au jeune public une nouvelle version complètement transformée de ce spectacle.
C'est la rencontre d'artistes venant de tous les horizons qui a fait naître cette envie : Sophie Front – chanteuse, Valéria Emanuele – comédienne de comedia del arte, Zéline Zonzon – danseuse, Marion Jouandon – Comédienne.
Lettre des Iles Baladar est un spectacle visuel et musical, alliant toutes ces techniques du spectacle dans une joyeuse énergie.
Publié pour la 1ère fois en 1952, Lettre des Iles Baladar est un conte fantastique qui réunit presque tous les personnages mythologiques de Prévert.
Dans un pays lointain et mythique, isolé au milieu d'un océan de rêves et de jeux, les habitants des Iles Baladar passent le temps au gré de leur fantaisie.
Un jour, en provenance de Tue-Tue-Paon-Paon, la capitale du grand continent, arrivent des hordes d'envahisseurs attirés par la promesse qu'ils découvriront de l'or dans le sous-sol de l'île. Les indigènes pêcheurs de thons se retrouvent en un rien de temps mineurs de fond de la péninsule du Trésor et bien plus malheureux qu'avant. Mais cela ne dure pas longtemps car ils ont plus d'un tour dans leur sac et ne sont pas du genre à se laisser prendre pour des paons.
Lettre des Iles Baladar est aussi un spectacle familial alliant la danse, le chant, la lumière et la comédie. Lorsque l'on parle de Prévert, on pense presque automatiquement aux enfants. Il serait dommage que pour cette raison, les adultes se privent du plaisir d'entendre aujourd'hui un poète libre et non-conformiste dont les mots résonnent d'une troublante actualité.










